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Cour de cassation, 19 mai 1987. 85-14.731

jurisprudence.case.jurisdiction :

Cour de cassation

jurisprudence.case.number :

85-14.731

jurisprudence.case.decisionDate :

19 mai 1987

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jurisprudence.case.fullText

Sur le moyen unique, pris en ses deux branches : Attendu, selon les énonciations des juges du fond, que M. X... Salon a remis le 11 décembre 1980 à la banque Stern un bon de caisse d'un montant de 250.000 francs à échéance du 11 mars 1981 sur la Banque Nationale de Paris (BNP) pour servir de nantissement à un crédit que cet établissement devait consentir à son client, M. Y... ; que la banque Stern n'a accepté d'accorder ce crédit qu'à la condition qu'il soit affecté au compte de sa cliente, Mme A..., mère de M. Y..., compte sur lequel ce dernier disposait d'une procuration ; que, Mme A... n'ayant pas remboursé à l'échéance du 11 mars 1981 le solde débiteur de son compte, la banque Stern a obtenu du juge des référés que la BNP lui règle le montant du bon de caisse représentant sa garantie ; que, M. Z... ayant assigné la banque Stern en remboursement de ce bon de caisse, l'arrêt attaqué (Paris, 6 mai 1985) a confirmé la décision des premiers juges en ce qu'elle avait rejeté la demande de nullité du nantissement du 11 décembre 1980 et, pour le surplus, a ordonné une expertise ; Attendu que M. Z... reproche à la Cour d'appel d'avoir rejeté sa demande de nullité du nantissement litigieux alors, selon le moyen, d'une part, que, le contrat de gage supposant que la créance garantie soit déterminée, il résultait des éléments du débat que l'acte de constitution du gage en cause ne contenait ni l'indication du nom du débiteur, ni celle du montant de la dette ou de son échéance, et qu'en l'état de ces constatations, elle ne pouvait, sans méconnaître les conséquences légales de celles-ci au regard des articles 2071 et suivants du Code civil, refuser de prononcer la nullité de ce gage ; et alors, d'autre part, qu'à supposer que le gage eût été constitué pour garantir la dette de M. Y..., il résultait d'autres constatations de l'arrêt que la banque Stern l'avait utilisé pour garantir sa créance contre Mme A... et qu'ainsi, étant établi qu'elle avait trompé M. Z..., constituant du gage, sur la personne du débiteur bénéficiaire de la garantie, l'arrêt attaqué, en refusant de prononcer la nullité du contrat de nantissement conclu à la suite d'un dol, a violé l'article 1116 du Code civil ; Mais attendu, d'abord, que la Cour d'appel a constaté qu'il résultait tant de la lettre du 11 décembre 1980 que des termes mêmes de l'assignation que M. Z... avait remis en gage le bon de caisse de 250.000 francs à la banque Stern pour garantir l'ouverture d'un crédit de ce montant à M. Y... ; qu'elle a pu en déduire que l'acte de remboursement n'était pas nul entre les parties ; Et attendu, ensuite, que le dol allégué, qui aurait consisté, pour la banque Stern, à affecter le gage à la garantie d'une dette de Mme A..., ne se serait produit que postérieurement à la formation du contrat de nantissement conclu entre cet établissement et M. Z..., et ne pouvait donc constituer une cause de nullité de ce contrat ; D'où il suit que le moyen n'est fondé en aucune de ses deux branches ; PAR CES MOTIFS : REJETTE le pourvoi

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Cour de cassation 1987-05-19 | Jurisprudence Berlioz