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ARRÊT N° 1
CASSATION sur le pourvoi formé par :
- le procureur général près la cour d'appel de Poitiers,
contre l'arrêt de la chambre de l'instruction de ladite cour d'appel, en date du 3 mai 2001, qui, dans l'information suivie contre X... des chefs, notamment, de tentative d'extorsion de fonds et infraction à la législation sur les stupéfiants, a réformé l'ordonnance de prolongation de détention rendue par le juge des libertés et de la détention et a ordonné sa mise en liberté sous contrôle judiciaire.
LA COUR,
Vu le mémoire produit ;
Sur le moyen unique de cassation, pris de la violation de l'article 145-5 du Code de procédure pénale :
Vu ledit article ;
Attendu qu'il résulte de l'article 145-5 du Code de procédure pénale que la juridiction statuant sur le placement en détention provisoire ou la prolongation de la détention provisoire n'est tenue de faire effectuer l'enquête prévue par ce texte que si la personne mise en examen lui a fait connaître expressément qu'elle exerce l'autorité parentale sur un enfant de moins de dix ans ayant chez elle sa résidence habituelle ;
Attendu qu'il ressort de l'arrêt attaqué et des pièces de la procédure que X... a été mis en examen des chefs, notamment, de tentative d'extorsion de fonds et infraction à la législation sur les stupéfiants et placé sous mandat de dépôt le 16 décembre 2000 ; que le juge d'instruction a saisi le juge des libertés et de la détention aux fins de prolongation de la détention provisoire pour une durée de 4 mois ; que l'intéressé n'ayant pas fait connaître qu'il exerçait l'autorité parentale sur un enfant de moins de 10 ans ayant chez lui sa résidence habituelle, ce magistrat a rendu, le 11 avril 2001, une ordonnance de prolongation sans procéder à l'enquête préalable prévue par l'article 145-5 du Code de procédure pénale ;
Attendu que, pour réformer cette décision, sur l'appel de X..., et faire droit à sa demande de remise en liberté, la chambre de l'instruction retient que l'intéressé ayant déclaré lors de son interpellation être domicilié avec sa compagne et leurs trois enfants mineurs, les dispositions de l'article 145-5 du Code de procédure pénale devaient recevoir application ; qu'elle énonce " qu'il n'y a pas lieu d'exiger que l'intéressé se prévale expressément de sa situation pour bénéficier de ce texte ni qu'il justifie de sa réalité " ;
Mais attendu qu'en statuant ainsi, alors que l'intéressé n'avait déclaré expressément, ni devant juge des libertés et de la détention, ni devant elle, qu'il exerçait l'autorité parentale sur un enfant de moins de 10 ans ayant chez lui sa résidence habituelle, la chambre de l'instruction a méconnu le texte susvisé et le principe ci-dessus énoncé ;
D'où il suit que la cassation est encourue ;
Par ces motifs :
CASSE ET ANNULE, en toutes ses dispositions, l'arrêt susvisé de la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Poitiers, en date du 3 mai 2001, et pour qu'il soit à nouveau jugé, conformément à la loi :
RENVOIE la cause et les parties devant la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Bordeaux.
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